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Thursday, 13 June 2013

"La Grèce est officiellement devenue un pays autoritaire"

L'article est apparu sur le journal belge La Libre Belgique

Carte blanche de Maxime Kouvaras, journaliste grec et indépendant.

En tant que Grec mais aussi en tant que journaliste, j’ai été profondément choqué par la décision aussi brutale que violente du gouvernement Samaras de fermer l’espace public audiovisuel sans aucun débat préalable ni préavis.

Il est vrai qu’une réforme était nécessaire. ERT n’était certainement pas un média indépendant. La Grèce est sans doute le seul pays d’Europe où l’on qualifiait la télévision publique de télévision d’Etat. Le terme n’est pas anodin. Le gouvernement nommait directement le directeur et la censure était pratique courante.

J’ai eu l’occasion de m’en rendre compte. De 2002 à 2006, j’ai collaboré avec des émissions hebdomadaires diffusées par ERT et certains de mes sujets ont été refusés. Je pense par exemple à un reportage sur le lien entre les télévisions locales et les partis politiques en vue des élections communales. J’avais comparé la situation grecque avec la Belgique et le reportage n’a jamais été diffusé.

Thursday, 23 May 2013

"Attaquez Vénizelos en jus­tice maintenant !" de Kostas Vaxevanis

De Kostas Vaxevanis


Traduit du grec par @Okeanews, édité par @IrateGreek (source sur okeanews.fr)

Y a-t-il un pro­cu­reur pour faire ce qui s'impose ? Oui, je sais, cette phrase a été écrite et dite des mil­liers de fois, mais je ne sais vrai­ment plus quoi écrire.

Les docu­ments des auto­ri­tés fran­çaises sont offi­ciel­le­ment parvenus à la com­mis­sion par­le­men­taire qui enquête sur l’affaire de la liste Lagarde [1]. Ces docu­ments décrivent com­ment la liste est arri­vée en Grèce. Ils confirment pleinement les révélations de HotDoc: nous avions écrit que la liste avait été officiellement reçue de France, accom­pa­gnée de docu­ments offi­ciels de réception-livraison, afin d'être utilisée à des fins fis­cales. Tout ce que nous, journalistes, avions révélé sur la base d'infor­ma­tions du minis­tère fran­çais des affaires étran­gères et de l’ambassade de Grèce à Paris a maintenant été officiellement trans­mis au parlement.

Monday, 13 May 2013

Guest post: Le gouvernement grec refuse le droit de grève aux enseignants du secondaire


De Panagiotis Sotiris [1], traduit de l'anglais par @Okeanews

Au cours des trois dernières années, la société grecque a traversé une série de mesures d'austérité extrêmement agressives, selon les termes dictés par la troïka (UE-FMI-BCE), qui ont conduit à une grave détérioration des conditions de vie. Elle a également connu une érosion constante des droits démocratiques et des libertés civiles de base. Un des exemples de cette érosion est la tentative par le gouvernement grec de supprimer le droit de grève dans de nombreux secteurs. Les représentants du gouvernement ont à plusieurs reprises insisté sur le fait qu'il est temps de se débarrasser des formes « anomiques » de protestation et de lutte qui ont été le principal héritage du radicalisme de l'après 1974.

Le dernier exemple en est la décision du premier ministre grec A. Samaras d'émettre des ordres de « mobilisation civile » pour tous les enseignants du secondaire en réponse à l'annonce de l'OLME, la Confédération des  enseignants du secondaire, de proposer  à ses syndicats membres de se mettre en grève pendant le démarrage des examens d'entrée à l'université à compter du 17 mai. L'ordre rendu par le premier ministre comprend des références à une potentielle « perturbation importante de la vie sociale et économique du pays » et à de « graves dangers pour l'ordre public et la santé des candidats participant aux examens d'entrée à l'université  », et a été publiée en tant que mesure préventive avant même que la grève ne soit décidée par les syndicats de l'enseignement secondaire le mardi 14 mai.

Friday, 10 May 2013

Une nouvelle loi plus sévère contre le racisme en Grèce?

De @IrateGreek, traduit de l'anglais avec l'aide d'@Okeanews

Les médias grecs ont salué le 7 mai 2013 l'annonce d'un nouveau projet de loi contre le racisme qui aurait été préparé par le Ministère de la justice et sera soumis au parlement après les vacances de Pâques. Selon les rapports des médias (voir par exemple ici, ici, ici et ici), le nouveau projet de loi propose des peines plus sévères contre toutes les formes de discours de haine, avec des peines de prison de 3 à 6 ans et des amendes qui peuvent s'élever à 20 000 euros, tandis que la possibilité de priver les coupables de leurs droits civiques pourrait être envisagée dans certains cas. La discussion de ce projet de loi est arrivée dans l'arène public au moment même où il était annoncé que le parlement serait invité à débattre de la levée de l'immunité du député de l'Aube dorée Germenis à la suite de son agression contre le maire d'Athènes Kaminis la semaine dernière au cours d'une distribution d'aliments pour Grecs seulement organisée par l'Aube dorée.

Tuesday, 7 May 2013

6 mai 2012 - 6 mai 2013: La Grèce un an après les élections de mai 2012

De @galaxyarchis, traduit du grec par @IrateGreek


Dessin de Spyros Derveniotis
Traduction: "Salauds d'immigrés qui vont crever
là où les Grecs trouvent à manger"



La Grèce commémore ces jours-ci deux importants anniversaires politiques. Plus particulièrement, le 6 mai 2013 marque à la fois le troisième anniversaire du vote du premier mémorandum d'austérité, qui est à l'origine du plus grand remaniement de la scène politique au cours de l'histoire récente de notre pays, et le premier anniversaire des élections de 2012, qui ont pris acte pour la première fois de ces transformations au niveau des urnes. La société grecque vit une période où le temps, en termes politiques, est condensé au point que sa conscience collective n'a pas le temps d'assimiler les changements qui ont lieu tous les mois, toutes les semaines. Des élections de mai 2012, qui n'ont pas mené à la formation d'un gouvernement mais à de nouvelles élections un mois plus tard, à aujourd'hui, l'image du pays dans son ensemble et de sa scène politique continue à  changer rapidement. En préparation d'une série d'articles plus longue pour l'anniversaire des élections de juin dernier, à la suite desquelles le gouvernement de coalition qui se trouve aujourd'hui au pouvoir a été formé, nous allons passer en revue les changements de cette dernière année, et, pour commencer, les élections de mai 2012 elles-mêmes.