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Saturday, 18 May 2013

Bulletin d'informations du 18 mai 2013 en Grèce - #32



écrit par l'équipe de #rbnews

A la une de #rbnews international cette semaine:
  • La grève des enseignants du secondaire s'est transformée en véritable feuilleton, une grève qui n'a pas eu lieu puisqu'elle a été interdite avant même d'être annoncée.
  • Les députés de l'Aube dorée continuent à provoquer, et l'un d'entre eux se fait expulser du parlement, alors que les attaques meutrières de cette organisation néonazie continuent. 
  • Le mouvement de protestation se poursuit à Skouries, avec trois nouvelles arrestations. 
  • Le financement des tests pour le SIDA est suspendue: "le pays est sans protection", selon l'Association médicale d'Athènes.
  • La nouvelle convention collective nationale est signée à la dernière minute, mais sans l'Association des industriels. 
  • Un nouveau cas de discrimination contre la communauté LGBT à l'occasion du spot télévisé de la Gay pride d'Athènes.

1. Grève des enseignants du secondaire

La grève des enseignants lors des examens d'entrée à l'université s'est transformée en un feuilleton cette semaine. La Fédération des enseignants du secondaire avait proposé la semaine dernière à ses syndicats constitutifs d'aller en grève à partir d'hier, 17 mai, pour protester contre les nouvelles mesures d'austérité que le gouvernement cherche à imposer au secteur de l'éducation. Le gouvernement a réagi en ordonnant préventivement la mobilisation civile de 86.000 enseignants selon une procédure autoritaire qui est normalement destinée à être utilisée uniquement en cas d'extrême urgence nationale.
L'ordre de mobilisation civile préventive a provoqué une vague de sympathie avec les enseignants parmi les syndicats et les associations en Grèce et à l'étranger. Les enseignants ont fait appel aux centrales syndicales (GSEE et ADEDY) et leur ont demandé d'organiser des grèves par solidarité. La réaction des centrales syndicales a été limitée à des arrêts de travail et une grève à une autre date que celle prévue par les enseignants.
Après des réunions massives en assemblée générale au cours desquelles les enseignants ont voté avec une majorité écrasante en faveur de la grève, le gouvernement et les médias dominants se sont lancés dans un délire de diffamation des enseignants, et la grève imminente est devenue un sujet de discussion central de la société grecque. Malgré de nombreuses voix qui sont venues à la défense des enseignants, des factions syndicales affiliées à la Nouvelle démocratie, au PASOK et à SYRIZA ont manipulé le résultat à l'encontre de la grève, sous prétexte que les "conditions adéquates n'étaient pas réunies" .
Malgré le tollé de la base des enseignants contre la Fédération, les examens ont commencé hier normalement.
Vous pouvez lire plus de détails à ce sujet sur notre blog sous le tag "éducation", ainsi que ici et ici.

2.Provocations de l'Aube dorée et question de l'immigration

L'organisation nazie Aube dorée s'est livrée à de nouvelles provocations la semaine dernière. Vendredi matin, lors d'un débat sur le nouveau projet de loi anti-racisme au Parlement, le député de l'Aube dorée Panagiotis Iliopoulos s'est livré à des commentaires injurieux et ironiques envers le président de SYRIZA, le principal parti d'opposition, Alexis Tsipras. Lorsque le président du parlement l'a rappelé à l'ordre, Iliopoulos et d'autres membres du parti nazi l'ont attaqué verbalement à son tour. Le président, Giannis Dragasakis, a appliqué le règlement et a imposé un blâme et l'expulsion de la salle à Iliopoulos. La réaction des membres de l'Aube dorée a été de quitter la salle, en jetant des insultes contre l'ensemble des députés.Au cours de leur sortie, on a même pu entendre le slogan Heil Hitler, qui a provoqué de vives réactions parmi les autres députés.
Plus tôt dans la semaine, trois membres de l'Aube Dorée ont attaqué un jeune immigré afghan de 14 ans dans le centre d'Athènes. Après lui avoir demandé d'où il est, ils l'ont immobilisé, battu et lui ont fracassé une bouteille de bière sur le visage. Un passant a transporté le jeune Ismaël à l'hôpital, où on lui a prodigué les premiers soins, mais il a dû partir car il n'a pas de papiers. Ismaël dit qu'il n'a pas réussi à bien voir les hommes qui l'ont battu, mais qu'ils portaient des chemises avec le signe de l'Aube dorée. Comme sa mère vit dans un autre pays européen, la procédure de réunification familiale a été engagée après l'incident. L'enquête sur cette attaque, ainsi que sur une autre agression semblable contre un Syrien de 20 ans à Athènes, a été prise en charge par la nouvelle unité anti-raciste de la police.
Enfin, en début de la semaine dernière, le conseil municipal de Kalamata a décidé qu'il n'a pas l'intention de s'opposer à l'intention de l'Aubé Dorée de tenir des événements publics dans la ville les 3 et 4 août, jour anniversaire de la dictature de Metaxas (4 Août 1936). Le maire a déclaré que la question de l'autorisation relève des gardes-côtes, car le site choisi par l'Aube dorée pour le festival appartient à leur juridiction. Lui, cependant, n'a pas l'intention de l'interdire "parce que Kalamata est une ville libre et la Grèce est un pays libre."

PV du Parlement ici; vidéo ici; article détaillé sur Ismaël, ici.

3. Arrestation de trois femmes à Skouries

Des affrontements ont de nouveau eu lieu dans la matinée du dimanche 12 mai en Chalcidique du nord-est, où les habitants protestent contre la déforestation du lit du torrent Karatzas, près de la forêt de Skouries par la compagnie minière Hellas Gold. Ce nouvel incident est venu à la veille d'une réunion entre les comités des habitants contre l'activité minière et les autorités locales au sujet de la validité des licences obtenues par la compagnie minière pour l'exploitation forestière dans la région de Karatzas.
Les habitants ont manifesté pendant plusieurs jours dans la région de Karatzas où les bûcherons travaillent sous la protection de la police. Dimanche matin, un groupe de manifestants a demandé au chef de la police de Chalcidique de suspendre la coupe des arbres, jusqu'à la réunion du lendemain. Malgré le fait que l'officier de service a accepté d'en référer à ses supérieurs, une équipe de policiers anti-émeute a contourné les manifestants et les a agressés avec du gaz lacrymogène. Le même matin, un groupe de femmes qui montait à pied vers le chantier de Skouries a été agressé par les policiers anti-émeute de garde. Trois d'entre elles ont été détenues et emmenées à la direction de la police de Chalcidique à Polygyros. Une autre femme a été blessée, lorsqu'un policier l'a saisie par le cou et doit maitenant porter une minerve.
Il y a une confusion considérable en ce qui concerne le nombre de policiers blessés au cours de ces événements. Les médias dominants ont parlé de 7, 8 et même 9 policiers blessés, dont un la condition serait grave. Le communiqué de presse de la police affirme que 8 policiers ont été blessés et que 7 d'entre eux ont reçu les premiers soins à l'hôpital. Cependant, le directeur de l'hôpital de Polygyros n'a parlé, lorsqu'il s'est addressé à la presse, que de trois policiers blessés, et est demeuré vague quant à la gravité de leur condition. La police a initialement prétendu qu'ils avaient été blessés par des chevrotines, mais semble avoir maintenant renoncé à cet argument. Les trois femmes ont été libérées jusqu'à leur procès le 22 mai. La réunion entre les résidents et les autorités locales au sujet des droits d'exploitation forestière de la compagnie a été reportée sine die.
Dans le même contexte, un groupe de touristes étrangers a été arrêté sur un barrage de police près de Polygyros et emmené au QG de la police, apparemment parce qu'ils portaient des T-shirts "SOS Chalcidique", qui sont imprimés par les militants anti-mines. La police leur a donné aucune explication quant à la raison pour laquelle ils devaient se rendre au commissariat et les a laissés partir sans plus tarder, après, toutefois, avoir fait une photocopie de leur passeport.

Article détaillé ici.

4. Tests SIDA suspendus

L'Association médicale d'Athènes a critiqué cette semaine la décision du vice-ministre de la Santé Fotini Skopouli de ne pas verser les fonds déjà approuvés pour les centres de référence pour le SIDA, causant ainsi la suspension des tests médicaux adéquats pour confirmer la présence du VIH. En outre, les mesures d'austérité imposées récemment dans ​​le secteur de la santé ont causé la suspension des tests gratuits, ce qui signifie que les patients qui n'ont pas d'assurance santé doivent payer leurs tests. Le président de l'Association médicale d'Athènes a déclaré que «Le pays n'est pas protégé contre un grave danger qui menace la santé publique. Bien que nous ayons observé récemment qu'il y a une épidémie de SIDA parmi les usagers de drogues, le vice-ministre de la Santé a fait explosé le système de protection du pays contre cette maladie ".
Dans le même domaine, il a été signalé vendredi que le décret de santé publique 39a a été aboli par le ministère de la Santé. Le décret avait été imposé par l'ancien ministre de la Santé Andreas Loverdos en 2012 et permettait les examen médical forcé de toute personne soupçonnée d'être porteuse d'une maladie infectieuse sans son consentement. Le décret a été utilisé notamment pour arrêter et parader devant les caméras un groupe de femmes toxicomanes séropositives, qui étaient accusées d'être des prostituées, juste avant les élections générales de mai 2012. Notre collègue à radiobubble Zoe Mavroudi prépare un documentaire vidéo sur l'histoire de ces femmes, qui sera publié dans les prochaines semaines.

Article de référence ici.

5. Convention collective nationale

C'est à la dernière minute, c'est-à-dire le jour de l'expiration de la période de prolongation de l'ancienne convention collective, qu'un accord a été atteint au sujet de la Convention collective nationale, qui a été signée par l'ensemble des partenaires sociaux à l'exception de l'Association des industriels. La nouvelle convention collective conserve l'allocation mariage de 10% et des mesures institutionelles au sujet des allocations de maternité et de couches. Elle ne stipule rien en revanche au sujet de questions salariales de base, et renforce ainsi le risque que les nouvelles conditions de travail et de salaire, qui sont très dures, deviennent permanentes, en particulier en ce qui concerne le salaire minimum qui, sous les termes des mémorandums, peut être revu à tout moment par le ministre du travail. De plus, sa période de validité peut être prolongée d'un an sans nouvelle négociation, et elle s'applique rétroactivement à compter du 1er janvier pour un an.
La nouvelle convention a été signée par l'ensemble des partenaires sociaux, qui représentent 80% des secteurs d'activité, mais pas par l'Association des industriels. L'Association propose à sa place un "Protocole d'accord au sujet de questions et de principes de base", c'est pourquoi elle a reçu des critiques acerbes. Signalons ici que ce protocole aurait maintenu l'allocation mariage, sans préciser cependant son montant exact à 10%.

6. Discrimination contre les LGBT en Grèce
La Pride d'Athènes a condamné le jeudi 16 mai la décision prise par le Conseil national de l'audiovisuel d'interdire tous les spots publicitaires de la Pride, jusqu'à ce qu'une session plénière du Conseil puisse discuter de la pertinence de leur diffusion. La raison donnée par le Conseil est le fait que les spots incluent un baiser lesbien. Il s'agit du deuxième incident de ce genre de censure et de discrimination contre la communauté LGBT dans les médias grecs ces derniers mois. En Octobre 2012, la chaîne de télévision étatique NET a choisi d'éliminer un baiser entre deux hommes au cours d'un épisode de Downton Abbey. Dans les deux cas, le Conseil a ignoré une décision du Conseil d'Etat datée de 2003 qui condamnait la censure d'une scène de baiser gay sur la chaîne de télévision Mega.
Cet événement est venu à la veille de la Journée internationale contre l'homophobie et la transphobie et la publication du Bilan annuel 2013 de la situation des droits humains des lesbiennes, gays, personnes bisexuelles, trans et intersexe en Europe publié par IGAL-Europe. La Grèce se classe au 25eme rang des 49 pays européens en termes de protection des droits humains et légaux des personnes lesbiennes, gaies, bisexuelles, transgenres et intersexuées (LGBTI). Le Bilan annuel fait état de plusieurs lacunes dans la gestion des questions LGBT par les autorités grecques, en particulier l'absence de mesures prises contre la violence homophobe, verbale et physique, de l'Aube Dorée et d'autres groupes d'extrême droite.

Article détaillé ici en anglais. 

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