Creative Commons License This work is licensed under a Creative Commons Attribution-NonCommercial-NoDerivs 3.0 Unported License.

Saturday, 27 April 2013

Bulletin d'informations du 27 avril 2013 en Grèce - #29



A la une de rbnews international cette semaine:
  • Les employés dans le domaine de la santé, ainsi que les patients réagissent à la tentative de l'Aube Dorée d'intervenir aux hôpitaux. 
  • La police grecque a répondu avec de dizaines d'interpelations et d'arrestations, quand une banderole a été accrochée à la façade du bâtiment central de l'Université d'Athènes, comme protestation contre l'interruption de Indymedia Athènes. 
  • Les suspects pour l'attaque sanglante contre les travailleurs agricoles à Manolada du Péloponèse se trouvent maintenant dans les mains de la justice grecque. 
  • Les réactions à Skouries se poursuivent, en même temps que la compagnie de la mine essaie de continuer avec les travaux; par ailleurs, les protestations dépassent la frontière grecque. 
  • Le 46e anniversaire du coup d'Etat des colonels a été marquée par une manifestation contre l'accroissement de la repression, organisée par plusieurs colletifs. 

1. L'Aube Dorée intervient dans le domaine de la santé publique

"L'Hôpital de Nikéa est un hôpital - un espace de consolation et de soins pour les pauvres, les réfugiés, les immigrants. Il a toujours été comme ça et il le sera toujours". Celle-ci a été la réaction immédiate des medecins d'un des plus grands hôpitaux d'Athènes, l'Hôpital Public Général de Nikéa, suite à l'invasion de membres de l'Aube Dorée mercredi matin. Selon les temoignages des medecins, infirmiers et patiens, 25 membres du parti nazi sont entrés dans l'hôpital par l'entrée principale, ainsi que par une entrée secondaire. Plusieurs d'entre eux, portaient, à part du logo de l'Aube Dorée, des casques et des pôles portant des drapeaux grecs.
Avant d'être réperés, ils ont réussi à se photographier à l'entrée de l'hôpital, ainsi qu'à la clinique gynécologique. A ceux qui leurs ont posé la question pourquoi il faisaient ça, ils ont répondu qu'ils distribuaient de la nourriture. Au final, ils ont été obligés de partir, grâce à la réaction coordonnée de la communauté de l'hôpital, et pendant que des medecins, infirmiers et citoyens les insultaient.

Il parraît que cette action de l'Aube Dorée est inscrite dans le cadre d'un projet général d'intervention du parti nazi dans le domaine de la santé, dans tout le pays. Plus concrètement, cette semaine, ils ont annoncé une initiative pour organiser des "dons de sang" dans plusieurs hôpitaux dans toute la Grèce, sous le slogan "du sang seulement pour les grecs". 
Cette initiative a provoqué des réactions très intenses, parce qu'il s'agit d'une tentative d'introduire la discrimination aux services de la santé, dans plusieurs hôpitaux de la campagne, comme celui de Larissa ou de Samos. La Fédération grecque des employés dans les hôpitaux publics, a été décisive: dans son communiqué, la Fédération fait appel à tous les hôpitaux d'observer rigidement toutes les conditions réquises pour l'organisation des dons de sang, et de ne pas permettre qu'ils soient transformés en une "fieste de purété nationale et raciale" par l'Aube Dorée. La Fédération fait aussi appel au Ministère de la Santé pour qu'il assume ses responsabilités.
L'association des medecins a aussi intervenu pour mettre l'accent sur le fait que "tout medecin qui participe à des manifestations de discrimination, viole brutalement son serment et le Code de déontologie médicale et est responsable devant la loi"; elle a aussi appelé le Centre national du sang et le Ministère de la Santé à "protéger l'acte sacré du don de sang".

2. #Ιndymedia Athènes et Radio Entassi

Les réactions contre l'interruption de la page web de Indymedia Athènes et de la Radio Entassi se sont poursuivies aussi cette semaine. Lundi, des étudiants et des activistes ont réalisé une occupation symbolique du Rectorat de d'Ecole Polytechnique de Crète.

Mercredi 24 avril, des collectifs et de personnes solidaires avec les médias de contre-information censurés, ont accroché une banderole contre la censure à la façade du bâtiment central de l'Université d'Athènes, en plein centre ville. En plus, ils ont décroché du bâtiment le drapeau grec pour le remplacer avec le drapeau noir et rouge de l'anarchisme. La police a intervenu et réagi avec 69 interpelations, parmi lesquelles 6 ont été transformées en arrestations, pour "froissement de symbole".
Parmi les personnes interpelées, il y avait aussi deux touristes, pas du tout liés aux faits, qui ont été libérés immédiatement. Le reste de personnes interpelées ont aussi été libérées graduellement jusqu'au soir du mercredi.

Au moment ou ils procédaient aux interpelations, les agents anti-émeute ont aussi menacé des journalistes et photographes qui couvraient les faits, en leurs demandant leurs données personnelles et en les empêchant de faire le reportage.

Le soir du jeudi, une manifestation de solidarité aux médias de contre-information, a eu lieu au centre d'Athènes. Presque 3000 personnes y ont participé. Il faudra noter aussi que, selon un document du Rectorat de l'Ecole Polytechnique d'Athènes, les infractions étudiées pour le cas de Indymedia comprennent entre autres "l'organisation criminelle", "des actes terroristes" et "incendie criminelle répetée".

3. Evolutions concernant #Manolada

Lundi 22 avril, les trois superviseurs qui, le 17 avril avaient ouvert le feu contre les travailleurs agricoles qui demandaient leurs salaires à Manolada du Péloponèse, en en blaissant 35, sont passés à l'interrogation par le procureur, et il a été jugé qu'ils devraient être gardés en prison. La même décision a été prise concernant le proprietaire de la ferme, Nikos Vaguélatos, qui a été considéré responsable moral pour les blaissures. Les quattre accusés ont pourtant été libérés jusqu'au procès, parce qu'ils ont été arrêtés après la fin de la limite de la procédure du flagrant délit.
Des membres des familles des accusés s'étaient rassemblés devant la Cour, et il y a eu certaines tensions.
Entre temps, et par ordre du Juge d'instruction, les travailleurs blaissés ont été mis en statut de "protection", et caractérisés comme "des victimes de traffic de gens". Il a été également interdit qu'ils soient expulsés.
De l'autre côté, la semaine passée, Shahin Ahmed, le travailleur qui a dénoncé les faits et est considéré comme témoin clef pour le cas, a été interpelé. Ahmed est accusé pour implication au traffic de la drogue. Il est aussi dénoncé par le Mouvement contre le racisme et la menace fasciste, que Ahmed a été tabassé au cours de l'interpelation.

4. Evolutions à #Skouries

Samedi 20 avril, le Ministre de la Justice, Antonis Roupakiotis, était attendu pour participer à une soirée organisée par l'Association des Avocats de Thessalonique. Le Ministre ne s'est finalement pas présenté à la soirée; pourtant des membres de l'Association avaient appelé à un rassemblement protestataire devant le siège de l'Association, contre les maintes irrégularités et abus de la loi dans le cas de l'interrogation de deux personnes interpelées à Ierissos, accusées pour l'attaque de sabotage contre le chantier d'Eldorado Gold (le 17 février).
Les avocats qui ont participé à la manifestation ne sont jamais arrivés jusqu'au bâtiment de l'Association, puisqu'il était bloqué par les forces de la police anti-émeute, et des affrontements ont eu lieu.

Lundi 22 avril, le Service des Forêts a interrompu a arrêté des travaux d'exploitation forestière illégale sur le mont Kakavos; les travaux avaient commencé par la compagnie en charge de la construction de la mine, même s' il y a des doutes quant à la licence relative.

Enfin, la semaine passée, le Parti de la Gauche européenne a exprimé son soutien à la lutte des habitants de Chalkidiki contre la construction de la mine, et une manifestation en solidarité avec cette lutte a été organisée aussi à Stockholme.

5. Manifestations du 21 avril, jour d'anniversaire du coup d'Etat des colonels

Dimanche 21 avril était le 46e anniversaire du coup d'Etat de 1967, quand a commencé la dictature de 7 ans en Grèce. A propos de cet anniversaire, des collectifs et des citoyens ont organisé des commémorations et des mobilisations, dans le but de demontrer les similarités de cette période là avec le présent et de protester contre l'accroissement de la repression du régime actuel.

A Athènes, une manifestation a eu lieu; après un arrêt devant le siège de la Commission européenne, la manifestation s'est conclue à l'Ambassade des Etats-Unis. A Thessalonique, une autre manifestation s'est tenue, à laquelle 3000 personnes ont participé.

En même temps, une campagne a été organisée dans les réseaux sociaux, dont le titre était "écoute une histoire". Dans le cadre de cette campagne, les utilisateurs ont circulé des histoires liées à la dictature et ils ont fait revivre des mémoires de contenu nettement antifasciste et anti-dictature. 

Ces mobilisations tiennent une importance spéciale, en tenant compte du fait qu'un Ministre du gouvernement actuel, Makis Voridis, avait des liens directs avec l'ex-dictateur. Le même Ministre a aussi assumé la défense de l'éditeur du journal de l'extrême droite "Stochos", qui est accusé pour calomnie. Un collaborateur étroit du Premier Ministre, Faìlos Kranidiotis, bien connu pour ses positions publiques ultra-droites, était aussi présent au procès.

En plus, une certaine inquiétude est provoquée par le fait que, dans un sondage publié le jour même de l'anniversaire du coup d'Etat, par le journal Eleftherotypia, un 30% des personnes interrogées croit que "pendant la Junte, la situation était meilleure qu'aujourd'hui". Il faudra pourtant noter que les resultats et la méthodologie du sondage ont été clairement mis en question.

No comments:

Post a comment