Creative Commons License This work is licensed under a Creative Commons Attribution-NonCommercial-NoDerivs 3.0 Unported License.

Saturday, 4 May 2013

Bulletin d'informations du 4 mai 2013 en Grèce - #30

Préparé par l'équipe de #rbnews international, traduit par @IrateGreek


A la une de #rbnews international cette semaine:

- Un nouveau project de loi omnibus a été approuvé par le parlement et stipule, entre autres, des niveaux de salaire bien inférieurs au SMIC pour les chômeurs qui trouvent un emploi.
- Des immigrés ont entamé une grève de la faim dans les centres de détention pour protester contre la durée mais aussi les conditions matérielles de leur emprisonnement.
- Une jeune femme de 23 ans est décédée, après environ un mois à l'hôpital, à la suite d'un passage à tabac par un membre de l'Aube dorée. La police est à la recherche du coupable.
- Les protestations contre le projet de mine d'or dans la forêt de Skouries en Chalcidique continuent, avec une manifestation le premier mai.
- Les sites web qui distribuent gratuitement du matériel sous copyright sont menacées de fermeture.



1. Nouvelle loi omnibus

Une loi établissant de nouvelles mesures d'austérité a été votée par le parlement le dimanche 28 avril. La procédure était semblable à celle mise en oeuvre par le gouvernement pour le vote du dernier mémorandum en novembre 2012, lorsque le projet de loi avait été passé non seulement avec la procédure d'urgence, mais rédigé en un seul article, afin de priver les députés de la possibilité de voter contre certaines clauses.
Un ajout de dernière minute du Ministre des Finances Stournaras établit un salaire maximum en cas de recrutement de chômeurs qui ont bénéficié de programmes de l'Agence Nationale pour l'Emploi. Ce maximum s'élève à 490 euros par mois, et seulement 427 euros pour les moins de 25 ans. Ces montants sont bien en-deçà du SMIC et de fait en abolissent le concept.
Un autre élément important de cette loi d'austérité est la décision de licencier 15000 fonctionnaires d'ici la fin 2014. Les médias International and Greek media se sont empressés de saluer la décision de réduire le service public "hypertrophié" de la Grèce mais ont négligé quelques points importants, tout d'abord le fait que cette "hypertrophie" du service public grec par rapport à d'autres pays européens est pour le moins douteuse, d'après les chiffres de l'OCDE. De plus, la permanence de l'emploi pour les fonctionnaires avait été établie dans l'histoire afin d'éviter qu'un gouvernement nouvellement élu puisse les licencier afin de recruter ses partisans. Ceci explique le fait que les services où sont employés les fonctionnaires à licencier seront abolis, car la Constitution ne permet pas de licencier des fonctionnaires en masse dans d'autres cas. Cependant, la même loi omnibus prévoit que des employés des services régionaux et municipaux pourront désormais être recrutés sans la supervision du Conseil suprême pour le recrutement du personnel, une agence indépendante établie en 1996 pour superviser le recrutement des fonctionnaires et éviter les recrutements par favoritisme politique. En bref, ces clauses de la loi de dimanche soir ouvrent la voie à de nouveaux recrutements sur la base du clientélisme plutôt que de la compétence.
Les deux grands syndicats grecs, GSEE et ADEDY, ont organisé une petite manifestation devant le parlement pendant le vote. Les partis de l'opposition ont exprimé des objections quant à la constitutionalité de la procédure parlementaire. La loi a été votée par 168 ouis, 123 nons et une abstention.

2. Grèves de la faim

Les grèves de la faim se sont multipliées en Grèce ces derniers mois, afin de protester soit contre les conditions de détention, soit le traitement des immigrés et des réfugiés, soit pour les deux raisons à la fois. On a rapporté deux nouveaux cas cette semaine, l'un à Larissa et l'autre à Mytilène. A Larissa, les détenus de la prison locale protestent contre leurs conditions de détention. a Mytilène, 12 Afghans at 4 Syriens récemment arrivés en Grèce ont ommncé une grève de la faim pour protester contre le fait qu'ils sont dans un vide juridique, avec des conséquences absurdes et tragiques. La police et les gardes-côtes refusent de les arrêter et de les enregistrer car les centres de détention sont insuffisants. Par conséquent, les réfugiés sont coincés dans le port de Mytilène sans pouvoir aller nulle part, et sont obligés de vivre, dormir, manger et se laver où et comme ils peuvent. Leur seul soutien vient de bénévoles de la communauté locale, qui leur fournissent de la nourriture et des articles d'hygiène de base. L'absurdité de leur situation est évidente quand on pense qu'ils supplient la police de les arrêter, afin d'obtenir un ordre de déportation qui leur permet de rester en Grèce pour un mois et de quitter l'île afin de poursuivre leur voyage vers les pays d'Europe du nord.

3. Aube dorée

Une femme de 23 ans est décédée cette semaine après environ un mois à l'hospital après avoir été battue par son compagnon, dont on sait qu'il est un membre de l'Aube dorée. Au-delà du caractère tragique de ces événements, de nombreux activistes qui s'inquiètent de la tolérance des autorités vis-à-vis de l'Aube dorée ont remarqué qu'alors que l'agresseur est en cavale, la justice et la police n'ont pas publié sa photo et son identité, alors que c'est une pratique courante, pour ne pas dire systématique, dans le cas de suspects de gauche ou anarchistes.
L'Aube dorée a aussi fait parler d'elle cette semaine en charchant à organiser une distribution de nourriture pour Grecs seulement à Athènes. La distribution a été interdite par le maire d'Athènes, Giorgos Kaminis, qui a par la suite été agressé par le député de l'Aube dorée Germenis (voir ici) Le maire lui-même a cependant été critiqué en raison du fondement légal de sa décision: il a déclaré que la distribution de nourriture sur la place Syntagma était une "occupation illégale d'espace public", alors que la loi grec contre le racisme suffit à interdire un événement "pour Grecs seulement" comme discriminatoire.
Enfin, becaucoup d'utilisateurs de Twitter ont signalé que le vendredi saint, des membres de l'Aube dorée étaient présents sur les péages des autoroutes du Péloponnèse. Au péage d'Eleusis, ils ont soulevé les barrières pour laisser les véhicules passer sans payer. It faut souligner là encore que la police les a laissés mener leur opération et repartir sans les déranger, alors que les membres du mouvement "Je ne paye pas", qui mènent une campagne contre les tarifs exorbitants des péages, se retouvent systématiquement à faire face à la police anti-émeute.

4. Skouries

Les habitants de la Chalcidique du nord-est ont manifesté encore une fois le premier mai contre les projets d'exploitation minière d'or et de cuivre dans la forêt de Skouries. La manifestation a été repoussée par la police anti-émeute, qui a utilisé d'abondantes quantités de gaz lacrymogène pour disperser la foule (vidéo).
Entre-temps, le président du Syndicat de la Police de Chalcidique, Ioannis Kyrgiafinis, a dénoncé le fait que la police de la région s'est transformée en compagnie de sécurité privée pour la compagnie minière Hellas Gold et sa compagnie-mère Eldorado Gold (article et vidéo). Kyrgiafinis a dénoncé publiquement le niveau de dépense à la charge de l'Etat pour une opération dans laquelle 80-90 policiers sont présents sans cesse dans la forêt de Skouries, et les heures de travail quotidiennes de ses collègues, qui sont excessives, mais aussi le fait que le reste de la Chalcidique se retrouve sans policiers pour gérer les problèmes du quotidien, qui devraient d'ailleurs s'accroître avec le début de la saison touristique.


5. AEPI

Le 30 avril, un tribunal d'Athènes a examiné la demande d'injonction temporaire déposée par l'Association pour la propriété intellectuelle (connue sous son sigle grec AEPI) contre des fournisseurs de services internet. AEPI demandait en particulier le blocage de sites web qui distribuent gratuitement du matériel sous copyright, par exemple des films, des jeux et de la musique. La demande d'AEPI a été rejetée, mais une autre demande, qui porte sur une injonction permanente, doit être examinée en août. Le rejet du tribunal n'est donc que temporaire, jusqu'au prochain procès, qui déterminera si de tels sites web doivent être bloqués. Une décision positive du tribunal constituerait un précédent juridique pour d'autres cas semblables.
Il faut noter que c'est le premier procès de ce type en Grèce. De plus, un procès pour un cas semblable qui concerne le site bien connu The Pirate Bay doit être jugé fin mai.

No comments:

Post a comment