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Saturday, 13 April 2013

Bulletin d'informations du 13 avril 2013 en Grèce - #27


A la une de rbnews international cette semaine:

  • Arrestations des habitants, ainsi que des mobilisations de solidarité ont marqué cette semaine Chalkidiki.
  • Suite à des pressions de la part du Procureur, la page web de Indymedia Athènes a été fermée.
  • Les immigrants et des personnes solidaires réagissent et se mobilisent contre les conditions inhumaines dans les centres de détention
  • Des affrontements et mobilisations à Patras suite à l'attaque de l'Aube Dorée contre un squat
  • Les mobilisations antifascistes continuent dans tout le pays



1. Evolutions à Skouries

Dans la nuit du mercredi 9 avril, à 3h du matin, des agents de la brigade antiterroriste en civil et aux visages cagoulés, ont littéralement envahi les maisons de deux habitants d'Ierissos et les ont interpellés. Les policiers ont cassé les portes des maisons et ont provoqué de nombreux dégâts. Les deux personnes interpellées sont considérés comme "dangereux" et sont accusés d'avoir participé à l'attaque du 12 février contre le chantier de la compagnie Eldorado Gold qui a assumé la construction d'une mine d'or dans la forêt de Skouries è Chalkidiki.

Pour l'un d'entre eux, son arrestation a eu lieu devant ses enfants âgés de 3, 5 et douze ans. En plus, les agents se sont moqués de l'enfant le plus âgé, en lui disant "Regarde le bien maintenant avec les menottes, sinon tu ne le verras plus avant plusieurs années".

Pendant quelques heures personne ne savait où se trouvaient les détenus. Les forces de police ont par la suite abandonné le commissariat du village, par peur des réactions des habitants, en oubliant une arme à l'intérieur. Les habitants se sont réunis un peu plus tard à la place du village. Finalement, ils ont été informés que les détenus se trouvaient à la Direction de la Police de Polygyros, où se sont rendus aussi les habitants d'Ierissos, pour protester contre les interpellations. Ensuite, les deux personnes ont été transférées à Thessalonique, pour être interrogés. Finalement, ils ont demandé une prolongation du délai pour l'interrogatoire jusqu'à dimanche, délai qu'ils ont finalement obtenu. Entretemps, ils sont gardés à la Direction de la Police à Thessalonique.

Mercredi vers midi, une manifestation spontanée de solidarité a été organisée à Thessalonique. Par ailleurs, un appel à des mobilisations de solidarité pour le 13 avril a été lancé.

De l'autre côté, il parait que les employés d'Eldorado se trouvent aux côtés de la police; mercredi deux d'entre eux ont attaqué un habitant de Ierissos et l'ont tabassé.

De plus, le président du Conseil local d'Ierissos (au sein de la Commune de Aristotelis) a démissionné suite à ces faits. Deux employés de Eldorado Gold ont aussi démissionné.

Enfin le Ministre de l'Ordre public, Nikos Dendias, a traité Ierissos de "village d'irreductibles gaulois", tandiis que les médias dominants se sont lancés dans une campagne de désinformation.

Mardi 8 avril, les habitants de Chalkidiki ont bloqué l'accès aux bus qui transportait des journalistes pour un tour aux chantiers de la compagnie canadienne pour être agressés attaqués par des employés d'Eldorado Gold: il s'agissait d'une excursion organisée et offerte par la compagnie.

Eldorado Gold ne lésine pas sur les moyens afin de promouvoir son profil. La semaine dernière il a été dévoilé que la popularité de sa page sur facebook a vertigineusement accru, de 11.000 likes, la plupart desquels en provenance de Moscou: ceci provoque des soupçons que la compagnie a acheté ces "likes". Enfin, vendredi 12 avril, une action a été organisée sur twitter avec les hashtags #12Agr et #Skouries, ce qui a mené le #12Agr à la première position de TT global.

2. Fermeture de Indymedia Athènes et de la radio Entassi

Le soir du jeudi 11 avril, le site web de Indymedia Athènes et la radio indépendante Endassi ont été mis hors service. Il parait que le fonctionnement des deux médias a cessé suite à une intervention de l'Etat, à travers le procureur- même, selon le communiqué de Indymedia Athènes.

Le fonctionnement d'Indymedia a été retabli presque immédiatement à travers d'autres sites. En plus, un appel à une manifestation et mobilisation pour le lendemain matin a été lancé sur le champ.

Il faut rappeler que la radio Endassi est logée depuis une dizaine d'années dans le bâtiment de l'Université d'Economie d'Athènes, dans un espace occupé, et elle a été une source de contre-information importante, surtout pendant la révolte des jeunes en décembre 2008.

La radio avait été attaqué par la police début janvier 2013, quand le gouvernement avait lancé une série d'attaques contre les espaces autogérés (voir iciici et ici). A l'époque, la police avait détruit et confisqué du matériel, mais la radio a continué émettre. Aussi, avant l'interruption du programme de la semaine passée, une plainte contre la radio Endassi avait été déposée par la station Skai. 

Vendredi matin, une proteste a eu lieu dans les lieux de l'Ecole Polytechnique à Athènes, où se trouve le serveur de Indymedia. Une banderolle a été accrochée et des tracts ont été distribués. Les deux médias censurés ont reçu le soutien des assosiations d'étudiants de l'Ecole Polytechnique.

3. Mobilisation au Commissariat de police de Drapetsona - Revolte au centre de détention d'immigrants à Corinthe


Une grande mobilisation devant le Commissariat de police de Drapetsona, près du Pirée, a eu lieu samedi 6 avril. Dans ce Commissariat, un grand nombre d'immigrés sont détenus depuis des mois, dans de conditions inhumaines. Le Commissariat n'est pas conçu pour opérer comme un centre de détention à long terme, et il ne dispose que de cellules pour une détention de 2 ou 3 jours. Et pourtant, un nombre d'immigrés considérablement supérieur à la capacité du commissariat y sont détenus pendant des mois.

Les manifestants sont restés longtemps devant le Commissariat en criant des slogans, et finalement leurs répresentants sont parvenus à accéder aux cellules.Ils y ont rencontré des immigrés détenus, plusieurs parmi lesquels leurs ont dit qu'ils n'ont pas vu la lumière du jour depuis des mois, qu'is communiquent surtout en français, sans interprète et qu'ils ont besoin d'avocats, surtout parce que certains ont perdu leur documentation.

Les immigrés emprisonnés ne reçoivent que deux repas par jours, et même s'ils ne subissent pas de violence physique, les conditions de vie inhumaines constituent en elles même une torture quotidienne. Par ailleurs, même le chef du commissariat a admis que les conditions de détention sont inadmissibles.

De plus, le 6 avril, près de 2000 immigrés se trouvant dans des centres de détenion en Grèce, et surtout celui de Amygdaleza près d'Athènes, ont commencé une grève de faim. Les immigrants protestent leur détention, infondée au niveau légal, et ses coniditons inhumaines, ce qui a déjà méné trois personnes au suicide.


Mardi 9 avril, une révolte a éclaté au centre de détention d'immigrés à Corinthe, quand certains des prisonniers sont montés sur le toit du bâtiment et ont commencé à lancer des pièces de carrelage aux policiers. L'un d'entre eux a menacé de suicider, s'il n'était pas libéré. Le suicide a finalement été évité, mais la révolte s'est poursuivie le mercredi 10 avril, et il a fallu l'intervention des forces anti-émeutes avec usage de lacrymos pour y mettre fin tandis que 47 immigrants sont poursuivis pour soulèvement.

4. Comité contre la violence policière en Grèce

La présentation officielle du "Mouvement contre la violence policière et les tortures" a eu lieu mardi 9 avril, dans un bâtiment historique de prison et de tortures par le Régime des Colonels EAT-ESSA. Ce nouveau mouvement est une initiative qui vise à dénoncer les faits, sensibiliser l'opinion publique, mais aussi récolter des données fiables concernant la violence policière. L'initiative a déjà collecté plus que 1500 signatures, qui seront déposées aux institutions concernées et auprès d'ONG. Parmi les signataires en provenance de plusieurs pays du monde, on retrouve des personnalités telles que Noam Chomsky et Slavoj Zizek.

5. Affrontements entre antiautoritaires et Aube Dorée à Patras

Des affrontements entre des antiautoritaires et des membres de l'Aube Dorée ont eu lieu à Patras, le soir du lundi 8 avril. L'élément déclencheur a été l'attaque des membres de l'Aube Dorée contre deux antiautoritaires, qui ensuite se sont dirigés vers un squat, qui se trouve dans la région.

Les membres de l'Aube Dorée ont suivi les deux anarchistes et ont essayé d'attaquer le squat. La police est intervenue et les affrontements se sont généralisés pendant plusieurs heures dans la nuit. Des témoins dénoncent la coopération admirable de la police avec l'Aube Dorée, ainsi qu'un usage démesuré de bombes et grenades lacrymogènes.

6. Mobilisations antifascistes

Des mobilisations antifascistes ont été organisées dans plusieurs villes de la Grèce, samedi 6 avril, parmi lesquelles Athènes et Thessalonique. Dans cette dernière Près de 1000 personnes ont manifesté. La manifestation la plus importante a été celle de Xanthi, en Thrace, où près de la moitié de la population locale est musulmane, turcophones ou slavophones. Environ 3000 personnes de toutes les communautés locales ont manifesté ensemble contre le racisme et la xénophobie

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